Approche longitudinale des représentations sociales du handicap dans la presse écrite internationale

 
Membres :
  • Eric Perera, Anne Marcellini, Athanasios Pappous, Damien Issanchou, Abdelhakim Cherif (SANTESIH, EA 4614, UM1).
  • Eric De Léséleuc (INSHEA)

 

Programme de recherche :
Le programme analyse les discours écrits et iconiques contenus dans la presse écrite à propos des sportifs en situation de handicap. Ces derniers sont un des éléments sur lesquels se fondent les individus pour construire leur identité et donc servent de fondement à la mise en place des interactions sociales entre les personnes en situation de handicap et celles qui ne le sont pas. Dans ce programme les opérations de recherche vise donc la compréhension des processus de discrimination, leur diffusion et leurs évolutions, dans la société individualiste contemporaine.
 
En 2008, A. Marcellini a organisé deux séminaires méthodologiques internationaux sur l’analyse des images fixes ou animées (Financement IRESP 2008) intitulés : « Images, représentations et figures du handicap : iconographie médicale, sportive, érotique, artistique. Une mutation depuis 1950 ? ». Ils ont regroupé 31 chercheurs de 17 équipes de recherche (Québec, Suisse, Angleterre, Espagne et France).
 
Ensuite une première opération de recherche porte sur une analyse de la couverture médiatique des Jeux Paralympiques de 2000 et 2004 dans la presse européenne (Angleterre, France, Espagne, Allemagne et Grèce), puis a été étendue à la Chine, la Thaïlande, la Tunisie, le Maroc et l’Algérie pour ceux de 2008. Cette opération mobilise 3 enseignants-chercheurs et 4 étudiants doctorants, en France et en Angleterre, qui maîtrisent au total 6 langues étrangères. Elle a nécessité la mise en place d’une collaboration internationale avec l’Université de Rangsit, en Thaïlande, pour l’analyse des journaux chinois et thaïlandais. Plus de 1500 articles et 700 photos ont été recueillis, traduit et constituent une base de données aujourd’hui. Une bonne partie a été analysée (données de 2000 et 2004), celle de 2008 est en cours d’analyse. Les résultats montrent que les sportifs et les sportives en situation de handicap demeurent discriminés par rapport à leurs homologues perçus comme « valides ». En effet, le traitement médiatique du sport adapté demeure sous représenté et largement « nationalisé », tandis que les athlètes sont « trivialisés », « infantilisés » (Cf. la définition de ces concepts par M. Duncan). Afin de « changer les regards » et donc les comportements vis-à-vis du handicap (mission définie par la loi de 2005 en France) ces résultats pourraient être utilisés pour développer des formations destinées à tous les producteurs de discours mettant en scène les personnes en situation de handicap (journaliste, comité de rédaction, publiciste, mission ministérielle, etc.). Ce programme devrait être poursuivi en collaboration avec l’INSHEA (nouvelle affectation du porteur) et donnera lieu à une extension internationale dont les bases ont été structurées en 2012-2013 grâce à un financement (IFR-H, SantesiH, ED 60 UM3). Par ailleurs, un contrat doctoral de l’ENS (2013-2017), en cotutelle Université de Sydney (Australie) et l’INSHEA (France) vient d’être obtenu pour étendre ce programme (Jeux Paralympiques de 2016).

Une deuxième opération porte sur l’analyse des débats autour du cas « Oscar Pistorius ». Elle structure principalement le travail de thèse de doctorat de Damien Issanchou dont la soutenance est prévue en décembre 2013. Les données recueillies montrent que le sport paralympique est devenu un analyseur social car il permet la mise en scène médiatique de questions touchant au devenir de l’humain, notamment celles mettant en scène « l’homme augmenté », la technologisation des corps et l’acceptation sociale des corps différents.
 
Productions :

Sur la période 2008-2013, ces deux opérations, financées par trois contrats de recherche ont donnée lieux à la publication de : 3 rapports de recherche, 1 ouvrage collectif, 2 films documentaires, 28 articles scientifiques, 15 conférences, conférences invitées (12 à l’étranger, 7 en France).