Sociologie d’une case à cocher.

Penser les (dé)limitations des possibles professionnels et compensatoires des anciens « étudiants handicapés » à travers l’analyse de leurs recours à la RQTH.

 

 

La soutenance aura lieu le 17 novembre 2017 à 14 heures dans la salle 002, Espace St-Charles, Université Paul-Valéry, Rue du professeur Henri Serre, 34 080 Montpellier.



Le jury est composé de :

  • Cédric FRÉTIGNÉ (examinateur), Professeur des Universités, Université Paris-Est Créteil Val de Marne, LIRTES EA 7313 ;
  • Nathalie LE ROUX (co-encadrante), Maîtresse de Conférences, Université de Montpellier, SANTESIH EA 4614 ;
  • Anne MARCELLINI (co-directrice), Professeure des Universités, Université de Lausanne, LINES) ;
  • Emmanuel QUENSON (co-directeur), Professeur des Universités et directeur scientifique du CEREQ, Université d’Évry-Val-d’Essonne, Centre Pierre Naville EA 2543 ;
  • Anne REVILLARD (rapporteure), Professeure associée, Sciences Po, OSC-LIEPP UMR-CNRS 7049 ;
  • Joël ZAFFRAN (rapporteur), Professeur des Universités, Université de Bordeaux, Centre Emile Durkheim UMR-CNRS 5116.

 

 

Résumé de la thèse :

 

Cette thèse sur publications s’intéresse aux transitions vers l’emploi des jeunes vivant avec des limitations de capacités qui, en ayant demandé et obtenu des aménagements pendant leurs études universitaires, ont été reconnus comme des « étudiants handicapés ». L’analyse sociologique porte sur les enjeux, durant cette période, du recours à la Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) : que se passe-t-il quand il s’agit de choisir de cocher ou non cette « case » dans le « formulaire de demande(s) » de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) ? Cette recherche mobilise des données de diverses natures (exploitation secondaire d’une enquête statistique, récits d’insertion et enquête nationale ad-hoc) recueillies par étapes successives.

Les formes de (non-)recours à la RQTH lors de ces transitions vers l’emploi nous ont semblé éclairer d’un jour nouveau les influences des politiques publiques de compensation du handicap sur les parcours et les subjectivités des individus. Il s’agissait de mener une sociologie de la « réception des politiques du handicap » (Revillard, 2017) et de comprendre les effets de celle-ci sur les « rapports à la vie professionnelle » (Longo, 2011). Comment les possibles professionnels » et les possibles compensatoires » s’articulent-ils ? À partir d’un raisonnement par idéaux-types, nous avons élaboré quatre profils de « navigateurs ». La métaphore nautique permet de représenter les individus face à leurs horizons professionnels.

Nos résultats soutiennent d’abord l’idée d’un caractère inégalitaire des politiques publiques de compensation du handicap qui demandent des prérequis identitaires diversement distribués dans la population étudiée. Ensuite, on y décèle un paradoxe puisque les politiques semblent finalement avoir des « prises » plus significatives chez les individus qui ne s’y reconnaissent pas. Nous considérons qu’il y a là un décalage entre l’« esprit » des politiques du handicap et les conceptions du handicap entretenues par certains jeunes vivant avec des limitations de capacités.