Devenir·s séropositif·s.
 
Approche sociologique des expériences de la séropositivité au VIH des homosexuels masculins.
 
 
 

La soutenance a lieu le jeudi 9 novembre à 13h30 dans l'amphithéâtre A de l'UFR STAPS de l'Université de Montpellier, au 700 avenue du Pic Saint-Loup, 34090 Montpellier.
 
 

Le jury est composé de :

  • Armelle Andro, Professeure des Universités, Université Paris 1, Panthéon Sorbonne, examinatrice.
  • Janine Barbot, Chargée de recherche (HDR), Inserm, Centre d'Etude des Mouvements Sociaux, EHESS, rapporteure.
  • Sébastien Chauvin, Professeur associé, Faculté des sciences sociales et politiques, Lausanne, Suisse, rapporteur.
  • Sylvain Ferez, Maître de conférences (HDR), Université de Montpellier, directeur.
  • Anne Marcellini, Professeure associée, Faculté des sciences sociales et politiques, Lausanne, Suisse, directrice.
  • Gilles Raveneau, Maître de conférences, Université Paris Nanterre, examinateur.

 
 
La soutenance sera suivie d'un pot auquel vous êtes chaleureusement invité·e·s. Je vous remercie de bien vouloir m'informer de votre présence afin de faciliter l'organisation.
 
 

Résumé de la thèse :

 

La thèse propose une analyse sociologique des expériences de la séropositivité au VIH des homosexuels masculins à l’heure de la mise en indétectabilité biologique du virus dans leurs corps. La conduite d’une enquête longitudinale durant les deux premières années suivant le diagnostic médical mêlant essentiellement des entretiens biographiques répétés avec ces hommes, et des observations multi-situées au sein des différents espaces qu’ils fréquentent et traversent – les Services des Maladies Infectieuses et Tropicales des hôpitaux ; des associations liées au VIH-sida et/ou communautaires Lesbiennes, Gay, Bi et Transexuelles ; des espaces de sociabilités homosexuelles ; la sphère privée : amicale, familiale et liée au couple –, permet de saisir les formes plurielles d’appropriation de la séropositivité. Aussi, la notion de carrière permet d’analyser la façon dont les histoires individuelles de ces hommes s’articulent à l’expérience de l’institution VIH et à ses dispositifs, à la fois dans et hors les murs de l’hôpital. De la culpabilisation au rachat, en passant par la responsabilisation, à partir d’un même itinéraire moral se dessinent différents devenirs séropositifs, en fonction des ressources et dispositions sociales et morales des enquêtés. La thèse montre les processus de transformations subjectives qui s’opèrent chez ces hommes, travaillés par des enjeux moraux mouvants et divergents liés essentiellement à la responsabilisation homosexuelle, pour se racheter et/ou changer. La séropositivité au VIH fait l’objet d’une socialisation spécifique, marquée par un processus de disqualification. L’expérience de cette disqualification sociale, à la fois biologique et morale, où le corps est désormais subordonné à la surveillance et au pouvoir biomédical, vient aussi troubler les dispositions genrées. Dans ce cadre, les devenirs séropositifs sont le produit de l’articulation des socialisations à la séropositivité et de celles antérieures, notamment en termes de morale et de genre. Ils sont également liés à la façon dont ces hommes ont construit leur engagement puis leur carrière homosexuelle, participant à une recomposition des masculinités lors du processus de socialisation à la séropositivité. La thèse conduit in fine à un éclairage du fonctionnement de l’institution VIH en France, des caractéristiques de ses dispositifs, et des tenants normatifs et/ou moralisateurs des biotechnologies et de l’usage de la biochimie se généralisant dans la discipline des corps et la surveillance en santé publique.